Se retrouver parmi les deux candidats short-listés pour ne finalement pas être sélectionné sur le poste tant désiré est une épreuve personnelle compliquée. Et d’autant plus difficile qu’en général, vous avez vécu un véritable marathon ! Pas moins de 6 entretiens, plusieurs mois de rencontres avec les décideurs, du DRH au Directeur Général, et parfois jusqu’aux dirigeants de la maison mère pour qui vous vous êtes déplacés dans tel ou tel pays, et pour qui vous avez parfois dû réaliser un exercice imposé de présentation stratégique … Et si cette situation de candidat finaliste mais non retenu s’est répétée plusieurs fois, alors un traumatisme peut s’installer et vouer à l’échec vos démarches futures.

Dans cet article, je souhaite donc remettre les choses en perspectives pour que vous n’en fassiez surtout pas une affaire personnelle. Et je vous donne quelques conseils pour vous aider à réussir autant que possible votre dernier entretien, et faire pencher la balance en votre faveur.

NE PAS EN FAIRE UNE AFFAIRE PERSONNELLE

Compliqué vous me direz sachant qu’en général personne ne vous a fait de feedback ni expliqué pourquoi vous n’aviez pas été retenu… Je sais que la tendance des entreprises est de laisser le chasseur de tête vous notifier son refus pour éviter les argumentaires et négociations éventuelles du candidat déçu. Et aussi parce qu’elle a trouvé son candidat et que c’était son objectif premier. Humain et naturel donc de s’imaginer tout un tas de mauvaises raisons, de pourquoi du comment et de s’auto blâmer. Hors, retenez que :

Le poste à pourvoir évolue au fil du process de recrutement

Il faut compter en moyenne 3-4 mois pour recruter un cadre supérieur, et parfois jusqu’à 6 mois pour un poste de dirigeant, et compter entre 4 et 8 entretiens selon les niveaux de responsabilités ; suffisant pour s’essouffler mais aussi pour que les décisions changent en interne ! Durant ces mois, le poste auquel vous avez postulé aura tendance à évoluer. Il n’est pas exclu que son périmètre soit revu suite à une réorganisation, qu’un collaborateur interne se manifeste, ou même (et c’est très fréquent) que les candidats rencontrés eux-mêmes donnent envie à l’entreprise de revoir les contours du poste initial. Tous ces ajustements peuvent donc complètement changer la donne du recrutement. Et c’est bien au-delà de votre propre personne.

La décision finale reste souvent subjective

Les décisions étant de plus en plus prises de façon collégiale avec les DRH, patrons opérationnels, direction générale qui participent à la décision finale, il est difficile d’appréhender quelles luttes d’influences se jouent réellement et de savoir qui décide en dernier ressort. En revanche, une chose est sûre, c’est bien ce dernier entretien qui va venir clôturer le process de recrutement et permettre de trancher entre les short-listés. Et ici, il n’est plus question de compétences (déjà largement évaluées) mais de ce que vous dégagez (du moins de ce que la personne perçoit), de votre personnalité, attitude, gestuelle (regard, posture, sourire, aisance…), du fit entre vous et elle ; autant d’éléments purement subjectifs dont vous n’avez que peu de maîtrise. Ou alors la décision se joue sur d’autres critères comme par exemple, votre proximité avec le lieu de travail …

En revanche, il existe un certain nombre d’actions gagnantes qui peuvent jouer en votre faveur pour ce dernier entretien et qu’il est bon de connaitre. Je les partage ci-après.

 

COMMENT METTRE TOUTES LES CHANCES DE VOTRE COTE

Renseignez-vous sur la personne qui va vous recevoir

Ajustez vos paramètres Linkedin et allez visiter son profil. Regardez sa formation, ses différents employeurs, postes. A-t-elle un profil d’ingénieur, de financier, de commercial ? A t’elle vécu à l’étranger ? Qu’a-t-elle publié sur Linkedin ou liké ? Tapez aussi son nom sur les moteurs de recherche. Vous y trouverez des informations précieuses : interviews, prix, participation à des conférences… Il est rassurant de savoir à qui on a à faire pour s’adapter autant que possible le jour J et anticiper les sujets que la personne pourra aborder. Si par hasard, vous connaissez quelqu’un qui la connait ou qui a travaillé avec elle (de près ou de loin), prenez contact avec cette personne pour qu’elle vous en dise plus sur son style, ses habitudes, son mode de décision, de management.

Renseignez-vous sur l’entreprise jusqu’à la veille de votre échange

Tapez le nom de l’entreprise dans les moteurs de recherche. Lisez les dernières actualités, les projets signés, les acquisitions faites, les articles où elle est citée. Familiarisez-vous au maximum avec l’entreprise, ce qu’elle fait, comment elle le fait, ses valeurs. Creusez également son secteur, lisez au maximum sur ses enjeux, ses évolutions à prévoir. Ces informations vous permettront de rebondir si besoin, de faire un small talk utile et de toute évidence témoignera de votre niveau de préparation et de motivation.

Ajustez votre pitch avec un focus motivation

Si vous en êtes arrivé là c’est que votre pitch personnel tient la route. Mais pour ce dernier entretien, vous devrez l’ajuster. Le focus sur votre parcours doit être beaucoup plus court. Il faut davantage mettre l’accent sur ce qui vous donne envie de rejoindre l’entreprise, et sur votre capacité à apporter des solutions efficaces aux problématiques qui se posent sur le poste ouvert. Ce que la personne veut sentir ici, c’est ce qui vous pousse à rejoindre l’entreprise. Elle doit sentir que vous vous projetez et que vous avez envie de vous engager.

Préparez une synthèse de vos différents échanges

Il est très probable que cette synthèse vous soit demandée pour s’assurer de votre bonne compréhension des enjeux. Préparez donc un résumé de vos différents entretiens, de ce qui est ressorti de l’entreprise, de sa culture, des besoins par rapport au poste… Ce serait dommage de vous rater sur quelque chose que vous pouvez largement anticiper et qui est une occasion en or de montrer vos capacités de synthèse et de recul.

Visualisez le rendez-vous idéal plusieurs fois

C’est un exercice de PNL (Porgrammation Neuro Linguistique) qui permet de préparer et de se conditionner à réussir l’entretien. Pour commencer, clarifiez quel serait le résultat idéal de cette rencontre ? (par ex : que la personne vous dise « je suis ravie de cet échange qui conforte tous les feedbacks positifs que j’ai reçu à votre égard. Nous allons revenir très vite vers vous avec une proposition… »). Puis, projetez-vous dans la situation idéale de l’entretien, en focalisant sur ce que vous, vous voulez dire et comment pour obtenir le résultat souhaité. Le reste appartient à l’autre personne. Peut-être que ce sera ok ou non. Mais dans les deux cas, vous aurez fait et dit tout ce qui est en votre pouvoir pour atteindre le résultat désiré. Pour cela, questionnez-vous bien sur la posture que vous voulez avoir, les mots à dire, les questions à poser… Visualisez plusieurs fois la rencontre idéale. Essayez de ressentir les émotions comme si vous y étiez, le stress éventuel, vos mouvements, les odeurs, votre regard, les sourires. Et amplifiez absolument tout. Montez l’intensité des émotions. Vivez la rencontre en vrai. Le jour J, vous serez conditionné au succès.

Ecoutez, écoutez, écoutez

Pratiquez l’écoute la plus active possible, ne coupez pas la parole, n’anticipez pas vos réponses. Restez alerte, concentré sur le moment présent, sur ce qui est dit, sur les mots. Retenez qu’en général, ce n’est pas le candidat qui parle le plus lors du dernier entretien, c’est la personne qui recrute. Elle a des messages à transmettre, elle veut partager son ambition pour les équipes, la société, sa vision du management… Et pour cela, elle a besoin d’espace pour en parler. Une bonne écoute lui montrera que vous êtes en mesure de l’entendre, de la comprendre et de cerner ses objectifs et contraintes. C’est ça qui créera les prémices d’une relation de confiance.

Restez dans la simplicité et la spontanéité

A priori si vous en êtes arrivé là c’est que vous semblez convenir à la fiche de poste. Il est donc préférable à ce stade de rester vous-même. Comme vu plus haut, il est question maintenant de feeling et de savoir être. La personne a besoin d’être convaincu que, humainement, vous avez votre place dans l’entreprise, que vous vous intégrerez bien avec les équipes. La plus grosse erreur serait de sur jouer ou de trop en faire pour convaincre. Gardez en tête que la personne a besoin de visualiser votre collaboration. Restez naturel.

Préparez et posez des questions pertinentes

Comme pour chaque entretien, réfléchissez en amont aux questions pertinentes que vous pourrez poser au cours de l’échange ou à la fin de l’entretien. Faites bien attention à ne pas ré ouvrir de gros sujets ! Vous êtes en fin de processus. Il est en général approprié de poser des questions sur le poste mais plutôt en termes d’attentes du dirigeant, de ses critères de succès, des défis à relever… d’ambitions à moyens termes. L’idée est d’élever l’échange. Si possible, privilégiez les questions ouvertes qui laisseront plus de liberté à votre interlocuteur et la possibilité de développer sa réponse.

Considérez cet entretien comme une étape au même titre que les autres

D’abord pour dédramatiser les enjeux. Et aussi parce qu’en réalité, ce dernier entretien n’est pas la dernière étape. Il reste ensuite tous les échanges autour de votre contrat, de la rémunération. J’ai l’habitude de dire que tant que rien n’est signé, rien n’est fait ! Concentration maximale. Et surtout, continuez vos autres démarches, ne les suspendez pas. C’est le meilleur moyen de vous préserver d’une mauvaise surprise.

En espérant que cet article vous apporte autant que possible. Au plaisir d’échanger.

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