Le mot « intrapreneur » est très en vogue actuellement. En effet, beaucoup d’entreprises souhaitent recruter des entrepreneurs, bénéficier de leur expérience et de leurs atouts pour créer des services innovants ou piloter des projets novateurs ! Du côté des entrepreneurs, intégrer une cellule d’entrepreneurs dans un grand groupe après leur expérience Start Up, peut être une parenthèse plus confortable et un challenge à relever. Pour que le recrutement soit un succès, il ne faut pas qu’il y ait de malentendu au départ entre les deux parties. Les entrepreneurs sont des profils particuliers et les entreprises ne peuvent pas les intégrer comme les autres collaborateurs. Ce sont des chefs d’entreprise ! Je vous explique dans cet article ce que j’ai pu constater sur le terrain en aidant des entrepreneurs / ex startupers à intégrer leurs nouveaux postes dans des grands groupes.

 

Entreprises : créez un parcours d’intégration spécifique

Les entrepreneurs de part leur expérience et leurs compétences particulières, ne fonctionnent pas comme les autres collaborateurs. En intégrant l’entreprise, ils vont devenir des intrapreneurs. Et vous allez être confrontés ensemble à une phase d’adaptation peu habituelle. Votre nouvelle recrue va faire face pendant les 3 premiers mois à un choc de « valeurs ».

Ce qui vous attire chez les entrepreneurs :

  • Leur indépendance : ils sont capables d’assumer seuls leur business
  • Leur rythme : ils sont très réactifs et savent travailler sous pression
  • Leur goût du risque
  • Leur capacité à trouver les ressources pour construire leur projet
  • Leurs prises de décisions rapides et stratégiques

 

Ce qui les incite à rejoindre l’entreprise :

  • Déployer un projet innovant dans un cadre plus sécuritaire
  • Augmenter des chances de réussite
  • Avoir un support
  • Obtenir des moyens humains, financiers, matériels
  • Encourir des risques limités

 

Ce qu’ils vont trouver en réalité :

  • Une indépendance limitée : les défis et enjeux associés au lancement d’une «intraprise» sont complexes et ont des impacts potentiels. Un contrôle de leurs activités sera inévitable.
  • Un rythme modéré : il faut laisser le temps au projet d’émerger en interne, le partager, le confronter, faire adhérer…Les changements ont un rythme plus lent au sein d’un grand groupe.
  • Une prise de risque modérée. 
  • L’utilisation des ressources existantes mais imposées.
  • Des prises de décision partagées et donc plus longues.

L’entreprise, tout comme l’entrepreneur qui s’apprête à la rejoindre, doivent avoir conscience que les attributs qui séduisent au départ devront être adaptées pour éviter les erreurs et malentendus.

Pour réussir leur intégration, vous devez donc les aider à :

• Rencontrer les autres collaborateurs et les aiguiller vers les personnes clés à rencontrer. Ce n’est pas parce qu’ils savent aller chercher les ressources (et que l’on attend ça d’eux) qu’ils sauront exactement qui ils doivent contacter pour se présenter, pour faire connaissance avec le groupe, le comprendre, pour commencer à avancer sur leur projet. La taille de l’entreprise n’est pas la même que celle qu’ils avaient avant. Les enjeux sont différents, les approches aussi. Aidez-les.

• Leur attribuer un sponsor pour soutenir leur projet en interne. Même s’ils sont attendus, ils vont inévitablement se heurter à des freins, à des critiques et à des enjeux politiques. Pour avancer, ils auront besoin d’un support constant. C’est aussi quelque chose qu’ils sont venus chercher dans l’entreprise : que le projet soit porté par plusieurs.

• Leur donner des objectifs et un scope précis pour cadrer leur travail. Même si l’objectif est d’aller plus loin, de faire différemment, d’accueillir leurs idées novatrices, il faut un cadre et s’entendre précisément sur le résultat à délivrer. Par contre, une fois clarifié, il est préférable de les laisser avancer en toute autonomie. La liberté, l’indépendance sont des clés à ne pas oublier à leur sujet.

• S’entendre dès le début sur ce qui est accepté ou pas en termes de flexibilité, d’horaires, de fonctionnement ; accepter un peu de souplesse (ils en ont besoin et sont habitués à évoluer dans des environnements très libres) mais pas trop. Les autres collaborateurs pourraient éprouver de la jalousie, remettre en cause leur nécessité ou leur légitimité. Du cadre donc, mais pas trop !

 

Entrepreneurs : la bonne attitude à adopter dès le départ

En général, vous revenez en entreprise car celle-ci vous ouvre les portes de projets ambitieux avec des moyens financiers solides. Vous êtes aussi séduits par le « confort » que peut vous apporter un grand groupe tout en préservant votre autonomie, votre vision stratégique et votre goût du risque… mais de façon plus modérée ! Et donc, pour réussir votre intégration dans cette nouvelle aventure, il va vous falloir vous adapter un minimum !

Voici quelques conseils pour faciliter votre intégration:

  • En cas de doutes, rappelez-vous pourquoi vous les avez rejoints, ce qui vous a attiré et ce que vous avez envie d’apporter.
  • Ouvrez-vous aux autres collaborateurs ; ne vous enfermez surtout pas dans le noyau restreint des intrapreneurs : rencontrez vos voisins de bureaux, présentez-vous, déjeunez à la cantine, discutez à la machine à café…
  • Arrivez aux mêmes heures que les autres le matin, ne vous démarquez pas en arrivant tard, en partant tard, ou en conservant des habitudes très teintées de votre expérience startup. Sans vous cloner, il faut un minimum rentrer dans le moule. Ce sera pris comme un effort d’intégration et apprécié.
  • Identifiez le plus rapidement possible qui est véritablement votre manager : celui qui va fixer vos objectifs, évaluer votre travail et votre performance.
  • Identifiez qui est le sponsor de votre projet.
  • Demandez à votre manager quelles sont ses attentes en matière de fonctionnement avec lui ? Exprimez aussi vos besoins et ne laissez rien en non-dit. Vous êtes certes redevenu salarié mais « peut-être pas encore dans votre tête ».
  • Clarifiez vos objectifs et les critères d’évaluation.
  • Dés que possible, impliquez-vous dans les situations concrètes et opérationnelles ; ne restez pas dans le conceptuel, les grandes réflexions du départ. Même si tout le monde s’est entendu pour dire « on vous laisse avancer librement, prendre le temps de brainstomer, de…», vous serez rattrapé par le système et devrez prouver votre contribution très rapidement.

Apprenez donc à doser entre votre profil d’entrepreneur et celui d’intrapreneur, c’est à dire entre ce qui a séduit l’entreprise qui vous a recruté et ce qu’elle attend réellement de vous une fois que vous serez en interne.

 

Évitez les échecs

Si l’intégration d’un intrapreneur ne fonctionne pas, l’échec est douloureux pour les deux parties. L’entreprise se prive de l’innovation dont elle a besoin, elle perd du temps et de la crédibilité sur ses ambitions novatrices.
Du côté des entrepreneurs, l’échec de l’intégration peut leur donner envie de partir, les faire douter de leur place au sein d’une entreprise « classique », voir anéantir leur motivation à partager leurs atouts dans un grand groupe.

 

Leur offrir un accompagnement pour leur prise de poste ou bien s’offrir soi-même un accompagnement pendant les 100 premiers jours peut maximiser les chances du recrutement .

 

Bien se connaître, bénéficier d’une grille de lecture neutre, décoder les habitudes, comprendre les attentes cachées, savoir se présenter, rassurer, apprendre à se conformer un minimum, se remettre dans une posture salariale, ou encore convenir d’un cadre de travail gagnant-gagnant sont autant de clés qui feront la différence. Etant donné les enjeux pour les deux parties, il est dommage de s’en priver. Si vous souhaitez me rencontrer à ce propos, je vous invite à me contacter.

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