ReflexionCet article a été co écrit avec un spécialiste de l’accompagnement des négociations de départ des cadres supérieurs et dirigeants.

Voici le cas réel d’Henri qui s’est vu imposer la rupture de son contrat à l’issue de son expatriation.

A 48 ans, Henri avait déjà 26 ans d’ancienneté dans son entreprise industrielle quand il a accepté une mission d’expatriation de 4 ans en Argentine. C’était la première fois qu’il partait à l’étranger. Il avait été étonné de cette proposition mais comme jusque-là, son entreprise avait toujours bien décidé pour sa carrière, il n’y avait pas de raisons que cela ne continue pas.
Sa mission s’est très bien déroulée. Ce n’est que vers la 3ème année d’expatriation qu’Henri a commencé à reprendre des contacts avec son groupe en France.
Beaucoup de changements avaient eu lieu, changements d’organisation mais aussi de personnes ; un nouveau gestionnaire des carrières, son mentor était parti à la retraite…
Il a bien eu plusieurs contacts en France et a même fait des voyages pour rencontrer des opérationnels. Cependant aucune piste sérieuse ne s’est dessinée et le temps a passé.
Et quelques mois avant son retour, son supérieur hiérarchique local lui a laissé savoir qu’il conviendrait peut-être de discuter avec la DRH d’un éventuel départ du groupe…
Après 30 ans de fidélité à son entreprise, toute l’énergie donnée en Argentine, les impacts personnels de cette expatriation…cette invitation lui a paru particulièrement difficile à accepter. Difficile de savoir comment réagir et très vite, il n’a plus eu de choix ; la DRH lui a fait comprendre qu’il n’y avait plus de place pour lui dans le groupe et qu’il était préférable de négocier son départ.
Heureusement, la proposition qui lui a été spontanément faite a été assez généreuse et la négociation a abouti rapidement.
Henri a cependant conservé une certaine amertume face à cette expatriation dont il considère qu’elle lui a coûté sa place dans le groupe. Et avec recul, lorsqu’il repense à son parcours, il réalise qu’il aurait dû à un moment donné prendre sa carrière en main.

Alors certes, ce sont des choses qui arrivent … et pour autant, nous sommes convaincus que les risques liés à une expatriation peuvent être réduits si un certain nombre de précautions sont prises en amont, pendant et en fin d’expatriation.

Je les partage avec vous ci-après :

1/ Ne pas partir pour partir. L’expatriation doit s’inscrire dans un projet professionnel avec un fil conducteur.

2/ Penser au retour d’un point de vue contractuel et professionnel dès le départ, à la signature du contrat d’expatriation ou de l’avenant à votre contrat.

3/ Maintenir son réseau au sein de son groupe pendant l’expatriation : faire des points réguliers, saisir les opportunités de rencontres, passer au siège les étés, se tenir informé, oser parler de ses réalisations.

4/ Au minimum 6 mois avant la fin d’expatriation, prendre les devants pour parler de la suite et communiquer à l’entreprise ce que vous avez envie de faire ensuite.

5/ Et si jamais l’idée d’une rupture est évoquée par l’entreprise d’une quelconque manière, sachez que, le plus souvent, les dés sont jetés. Ne restez pas seuls ! Il peut être utile de se faire accompagner pour négocier dans les meilleures conditions.

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